
Ce devait être un grand colloque final en présence de Nicolas Sarkozy, cela s'est transformé en un simple séminaire gouvernemental d'une heure et demie à Matignon. Le débat sur l'Identité Nationale, défendue pour le principe par l'UMP, a été enterrée presque honteusement par François Fillon qui désapprouvait dès le départ cette iniative.
Aujourd'hui donc, le Premier ministre a dû fermer la parenthèse ouverte à l'automne et parler plutôt "du pacte républicain".
L'initiative, prise le 25 octobre 2009, de lancer cette consultation sur l'identité nationale se solde par un échec, tant sur un plan politique, puisque seul le Front National a seul bénéficié de cette initiative, que sur un plan de cohésion de la majorité présidentielle.
En effet, plusieurs élus et même ministres UMP ont participé au "défouloir", selon l'expression de yazid Sabeg, le commissaire à la diversité, qui avait vilipendé ce "déversoir de médiocrités". Il y a eu l'intervention de Nadine morano, la secrétaire d'Etat à la famille, et son portrait du jeune musulman parlant verlan, casquette à l'envers et sans emploi, celle de l'ancien garde des sceaux Pascal Clément expliquant que, "le jour où il y aura autant de minarets que de cathédrales en France, ce ne sera plus la France", celle de Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille et responsable de l'UMP, évoquant le "déferlement des musulmans" sur la Canebière et qui a dû présenter des excuses publiques, ou encore celle d'André valentin, le maire UMP de Gussainville, qui lors d'un débat public avait déclaré à propos des musulmans ; "Il est temps qu'on réagisse parce qu'on va se faire bouffer." Pire, cela a entrainé la banalisation des propos racistes. Il y a dix jours encore, le Maire UMP de Franconville, Francis Delattre,lors d'une réunion de soutien à Valérie Pécresse a tenu des propos racistes sur le candidat socialiste d'origine malienne.
Mal préparée, mal organisée, sans finalités précises ni appui d'historiens, l'initiative a entraîné, en trois mois, des dérives verbales aux relents racistes. "On n'impose pas un tel débat par le haut", a dénoncé l'historien Benjamin Stora dans le Journal du dimanche du 7 février, tout en rappelant la nécessité de discuter sereinement de la "question nationale" comme le rappelle Le Monde d'aujourd'hui.
Pour sortir par le haut de cette polémique, Luc Chatel a demandé, mercredi dernier, au directeur de l'Institut national de recherche pédagogique (INRP), Jacques Moret, d'organiser un séminaire de recherche sur l'école et la nation au printemps. Celui-ci devra proposer au Ministre de l'Education un programme de séminaire permettant une réflexion dans "un cadre scientifique et international". Le Minsitre de l'Education souhaite détreminer le rôle de l'école "dans la construction de la conscience civique des jeunes générations".