
"Nous avons décidé (...) de céder à votre chantage immoral, malgré l'irresponsabilité de votre démarche", écrit dans sa lettre Ségolène Royal à propos de la demande gouvernementale de participation des collectivités territoriales dans le financement de la ligne LGV-SEA qui traverse la région Poitou-Charentes.
"L'Etat qui gère mal a les caisses vides et rançonne la région qui gère bien et n'a pas les caisses vides" affirme la présidente.
Ségolène Royal fistige également la "menace" du gouvernement de "conditionner les raccordements assurant la desserte des villes de Poitou-Charentes à l'apport (financier) des collectivités territoriales". "Je déplore cette attitude politicienne qui méprise la démocratie locale", poursuit-elle, estimant que ce "chantage" "traduit un manque de respect et de connaissance des contraintes locales".
L'apport financier de la région Poitou-Charentes à ces "infrastructures ferroviaires nationales" sera de 110 millions d'euros, précise encore Mme Royal qui critique au passage "les annonces du plan de relance qui ne correspondent à rien de sérieux".
La future LGV-SEA sera constituée d'un tronçon central (Tours-Bordeaux, qui doit mettre Bordeaux à deux heures de Paris en 2016) assorti des branches Bordeaux-Toulouse, Bordeaux-Espagne (en 2018-2020) et Poitiers-Limoges (en 2016).
Ce projet constitue le plus important partenariat public-privé réalisé en Europe dans le domaine ferroviaire et porte sur 7,2 milliards d'euros.
Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, avait récemment invité "la région Poitou-Charentes" à "prendre ses responsabilités" afin de régler "le problème du co-financement" par cette région.